Unautre livre, modeste par la taille mais très attachant, permet de (re)découvrir la personnalité de Robert Desnos. Il s’agit d’un ouvrage de la collection Poètes d’aujourd’hui (Seghers, 1973) écrit par Pierre Berger, livre certes épuisé mais que l’on peut trouver d’occasion en cherchant un peu. Tout en suivant un fil de nature biographique, l’auteur []
RobertDesnos dans son poème met en scène une peinture qu’il fait d’un amour fragile et incertain. En premierlieu nous allons voir comment Desnos nous peint cet amour. Les mots que le poète emploie dévoilent ses sentiments : « tant rêvé de toi », « baiser », « qui m’est chère », « la seule qui compte »,« étreignant », « l’amour ».
Jai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu'à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se
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Peu avant le décès de l'écrivain Hervé Guibert, survenu en 1991, Patrick Poivre d'Arvor s'entretenait avec lui lors d'une émission télévisée sur la notion de mort chez Thomas Bernhard. Manière pour le journaliste de préciser à son invité ses propres influences artistiques et sa grande attirance pour l'oeuvre de l'écrivain autrichien. Une oeuvre noire dont on retrouve en filigrane bon nombre d'aspects dans les romans publiés par un Patrick Poivre d'Arvor fin scrutateur des tragédies humaines. Le dernier en date, qu'il a écrit avec son frère Olivier, ne déroge pas à la règle. Après la figure de Lawrence d'Arabie servant l'an dernier de socle au roman Disparaître là encore un récit sur la mort, les deux frères Poivre ont pris comme modèle central le poète Robert Desnos, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort en déportation à Terezin, en Tchécoslovaquie, le 8 juin 1945. Avec son titre emprunté à un poème de Desnos, J'ai tant rêvé de toi est d'abord un respectueux hommage à Robert le diable», cet écrivain engagé contre la barbarie nazie, connu surtout pour ses poèmes pour enfants, qui fut traité de juif» et de philoyoutre» par Céline et qui, en homme d'honneur, gifla au Harry's Bar le journaliste antisémite Alain Laubreaux. Pour raconter sa fin tragique les frères Poivre ont choisi de relier son destin à celui d'une certaine Youki Roussel, jeune fille née à Sarcelles le 29 avril 1969 dont le prénom, qui veut dire neige rose» en japonais, a été choisi par sa mère en l'honneur du grand amour de Robert Desnos. La mort, encore et toujours, dans des pages pleines de pudeur sur le cancer qui devait emporter la mère de Youki, un autre élément révélateur de ce roman écrit par touches impressionnistes. Petite, celle que l'on appelait la Furtive» allait et venait, la peau et les os», en quête de reconnaissance. On comprend que les frères Poivre ont mis beaucoup de leurs douleurs familiales dans ce personnage de Youki, atteinte d'un mal de vivre chronique, et se définissant comme une fille stabilisée». C'est elle la narratrice de J'ai tant rêvé de toi. Elle a 26 ans. Elle prépare une thèse sur L'inachevé chez Desnos», et rencontre pour cela, à Prague, le grand écrivain Pavel Kampa qui a recueilli le dernier souffle de Desnos à la sortie du camp de Terezin. Sa mère ayant eu une aventure amoureuse avec ce poète intellectuel tchèque, Youki demeure persuadée que Pavel Kampa est ce père qu'elle n'a jamais connu. L'énigme du livre se trouve dans cette question douloureuse traitée dans une écriture métaphorique, avec des chapitres composés de morceaux de poèmes de Desnos dont le célèbre Les ongles des femmes seront des cygnes étranglés». Réflexion sur le mensonge, la psychanalyse, la paternité et l'Histoire, J'ai tant rêvé de toi est un roman complexe, dérangeant et terriblement personnel. Les plus lus OpinionsLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles PialouxLa chronique de Pierre AssoulinePierre Assouline
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 0927 Ce poème de Desnos gravé sur le mur du Mémorial des Martyrs n'a pas été écrit en 1945 lors de sa déportation. On reconnait là un passage du poème "J'ai tant rêvé de toi" écrit à Paris en 1926. Ce poème ne s'adressait pas à Youki, mais à la chanteuse Yvonne George pour qui Desnos voue alors un amour passionnel non partagé. J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant Et de baiser sur cette bouche La naissance de la voix qui m'est chère ? J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués En étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine Ne se plieraient pas au contour de ton corps Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante Et me gouverne depuis des jours et des années Je deviendrais une ombre sans doute Ô balances sentimentales J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps Sans doute que je m'éveille Je dors debout, le corps exposé A toutes les apparences de la vie et de l'amour Et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi Je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres Que les premières lèvres et le premier front venu J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, Couché avec ton fantôme Qu'il ne me reste plus peut-être Et pourtant, qu'a être fantôme Parmi les fantômes et plus ombre Cent fois que l'ombre qui se promène Et se promènera allègrement Sur le cadran solaire de ta vie. "Plainte des amoureuses, poésie éternelle de la passion, de la révolte et de l'aventure, Yvonne George les exprime par tous ses gestes, son attitude, son existence même. Ce n'est pas une femme, c'est une flamme, elle est mieux qu'intelligente sensible, plus que belle émouvante. La femme moderne, si longtemps calomniée par les sots, trouve en elle sa plus haute expression." Robert Desnos, in Nouvelles Hébrides et autres textes 1922-1930. En plus de se battre pour faire reconnaître son talent, Yvonne George se battait continuellement pour sa propre vie. Cette femme excessive vivait dans l'alcool, la cocaïne et l'opium. Elle meurt de tuberculose le 22 avril 1930 à l'âge de 33 ans. Mais alors, d'où vient ce mythe du dernier poème de Desnos ? Le journal Tchèque "Svobodné Noviny" daté du 31 juillet 1945 publie un article relatant les derniers jours du poète sous le titre "Cent fois plus ombre que l'ombre" avec la fameuse dernière strophe de "J'ai tant rêvé de toi". L'article, traduit du tchèque en français traduction d'une traduction, paraît le 11 août 1945 dans Les lettres françaises. Le traducteur n'a pas reconnu, sous le nouveau titre, le poème de 1926. Published by Kampso - dans Poésie
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